A qui qu'ce soit que je m'adresse, j'veux vous remuer dans vos fauteuils. Alors écoutez moi un peu, les pousse-mégots et les nez-d'b½ux, les ringards, les folkeux, les journaleux. J'déclare pas avec Aragon, que l'poète a toujours raison. La femme est l'avenir des cons, et l'homme n'est l'avenir de rien. J'vais pas m'laisser emboucaner par les fachos, pas les gauchos, tous ces pauvr' mecs endoctrinés qui foutent ma révolte au tombeau. Tous ces p'tits bourgeois incurables qui parlent pas, qu'écrivent pas, qui bavent, qui vivront vieux leur vie d'minables, ont tous dans la bouche un cadavre. J'crie bien haut qu' le bleu marine me fait gerber, j'aime pas l' travail, la justice et l'armée. C'est pas demain qu'on m' verra marcher avec les connards qui vont aux urnes, choisir celui qui les f'ra crever, moi ces jours là, j'reste dans ma turne. Rien à foutre de la lutte de crasse, tous les systèmes sont dégueulasses ! J'peux pas encaisser les drapeaux, quoi que le noir soit le plus beau. La marseillaise, même en reggae, ça m'a toujours fait dégueuler. Les marches militaires ça m'déglingue et votr' République, moi j'la tringle.